Aulnay barré, non quitté.

Panneau de sortie de ville « Aulnay-sous-Bois » avec route éclairée de nuit.

on connaît ces panneaux par cœur. C’est ceux qu’on regarde en partant, jamais en arrivant. La barre rouge sur Aulnay-sous-Bois, cette façon administrative de dire : tu sors. Comme si on pouvait sortir vraiment. Comme si la ville s’arrêtait là où la peinture l’a décidé.
En dessous, le panneau Ville Fleurie. Tout est dit dans cet empilement :

la fierté communale au-dessus de la frontière,
la frontière au-dessus du bitume,
le bitume au-dessus de nous.

Et derrière, les tours qui veillent encore, putain elles ne nous lâchent pas, même quand on roule vers la sortie. Les phares laissent une traînée blanche, comme une promesse qu’on n’a pas tenue.
Je n’ai pas photographié un panneau. J’ai photographié une frontière intérieure. on apprend que partir ne suffit pas. On peut barrer son nom de naissance, on peut changer de code postal, on peut rouler toute la nuit mais on revient toujours avec la même lumière dans le dos.
Aulnay n’est pas un endroit. C’est ce qu’on emporte.

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