Madou Dramé

À PROPOS

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À PROPOS

Je m’appelle Madou. Issu du 93, mon parcours m’a permis d’acquérir diverses expériences. 

À l’âge de 14 ans, je suis parti vivre 3 ans au Sénégal, mon pays d’ascendance. 

Plus de potes, ni de Playstation, mais une confrontation directe avec un monde que je ne connaissais pas. À mon intégration s’est succédé à une longue phase d’observation à laquelle j’ai pris goût. 

Les questions d’identité et de traditions m’ont relié à mes origines, à mon histoire.

Des valeurs importantes et inestimables m’ont été transmises et me servent encore aujourd’hui. Ce changement brutal de vie, ce long séjour, que je comparais à une « peine de prison » a déterminé ma vision des choses et fait de moi ce que je suis devenu aujourd’hui.

À mon retour « de peine », beaucoup de choses ont changé dans le quartier : des immeubles stigmatisés rénovés, un délaissement pesant, dans ces cités que je pensais si bien connaitre. Mes yeux, focalisés sur toute cette anxiété et cette colère, m’ont poussés à chasser les images, à capturer ces lieux, afin de mieux définir ma démarche photographique.

Celle-ci confronte et met en lumière la pluralité des identités de la banlieue. Ma démarche entretient un lien étroit avec mon identité et mon histoire. J’analyse et observe les mécanismes qui bloquent nos corps et nos esprits. Une volonté partagée de ne pas voir, de ne pas comprendre, une anesthésie locale, qui nous fait regarder ailleurs quand la gangrène nous bouffe les pieds.

…Cet instinct qui consiste à transposer mes questions en images est devenu désormais pour moi une nécessité.

My name is Madou. Coming from the 93 region, my background has allowed me to acquire various experiences.

At the age of 14, I went to live for 3 years in Senegal, my country of origin.

No more friends, no more Playstation, but a direct confrontation with a world I didn’t know. My integration was followed by a long phase of observation, which I enjoyed.

Questions of identity and tradition connected me to my origins, to my history.

Important and invaluable values were passed on to me and still serve me today. This sudden change of life, this long stay, which I compared to a « prison sentence », determined my vision and made me what I am today.

When I came back from my ‘prison sentence’, many things had changed in the neighbourhood: renovated stigmatised buildings, a heavy neglect, in these estates that I thought I knew so well. My eyes, focused on all this anxiety and anger, pushed me to hunt for images, to capture these places, in order to better define my photographic approach.

This approach confronts and highlights the plurality of identities in the suburbs. My approach is closely linked to my identity and my history. I analyse and observe the mechanisms that block our bodies and minds. A shared will not to see, not to understand, a local anaesthesia, which makes us look away when gangrene is eating our feet.

…This instinct to transpose my questions into images has become a necessity for me.