Capuche relevée. La cité en face.

Je marche capuche relevée. Pas pour me cacher mais pour me contenir. C’est comme une barrière que j’ai posée entre moi et le reste, laissez-moi tracer. La nuit fait le travail à moitié, la capuche fait le reste.
Les petits bâtiments au fond et les lampadaires marquent la route, et le ciel hésite entre le jour et la nuit. Je rentre, ou je sors, je ne sais pas trop. La cité est là, comme toujours, elle bouge pas. Je dois décider à chaque fois si j’y retourne ou si je continue tout droit.
Ici je suis rarement entièrement dehors, jamais entièrement dedans. Ma capuche, c’est ce qui tient les deux ensemble. Elle ne cache pas mon visage, elle cache la moitié de moi qui n’a pas envie d’être vue. L’autre moitié, elle, regarde droit devant. Elle sait où elle va.