Capuche relevée. La cité en face.

Personne de dos dans une cité, vêtue d’une capuche, marchant la nuit.

À la cité, on apprend à marcher capuche relevée. Pas pour se cacher — pour se contenir. C’est une frontière qu’on pose entre soi et le reste, une manière de dire : laissez-moi traverser. La nuit fait le travail à moitié, la capuche fait le reste.
Devant, le chemin s’étire. Les blocs au fond, les lampadaires qui marquent la route, le ciel qui hésite entre le jour et la nuit. On rentre, ou on sort, on ne sait pas trop. La cité est là, en face, comme toujours — elle nous attend sans bouger. C’est nous qui devons décider à chaque fois si on retourne dedans ou si on continue tout droit.
Photographier ça, c’est dire ce qu’on évite de dire. Dans la ZUP, on est rarement entièrement dehors, jamais entièrement dedans. La capuche, c’est ce qui tient les deux ensemble. Elle ne cache pas notre visage — elle cache la moitié de nous qui n’a pas envie d’être lue ce soir. L’autre moitié, elle, regarde droit devant. Elle sait où elle va.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *