Fenêtres allumées, Fenêtres éteintes.

Tour de cité de nuit, une fenêtre éclairée au milieu de l’obscurité.

À la cité, on lève la tête et on compte les fenêtres allumées. C’est une vieille habitude:

Une lumière au sixième,
une au neuvième

On sait qui c’est, ou on devine. Quelqu’un qui rentre tard. Quelqu’un qui n’arrive pas à dormir. Quelqu’un qui prie. Quelqu’un qui attend un appel. La tour ne dit rien, mais elle laisse passer ces petites lampes comme des aveux.
Les arbres encadrent la façade comme une lucarne. Le ciel pèse au-dessus, lourd, sans étoile. Au milieu, le bloc tient — droit, sans excuse. C’est pas beau et c’est pas laid, c’est juste chez nous. On y est nés, on y est restés, ou on en est partis sans pouvoir l’oublier.
Ici, on apprend à habiter en hauteur sans regarder en bas. Chaque fenêtre allumée est une preuve qu’on n’est pas seul, même quand personne ne se parle. La tour nous empile, mais elle nous tient. C’est peut-être tout ce qu’on lui demandait.

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